Toute jeune, à peine 25 ans, Geneviève Bédard,
de Saint-Georges-de-Champlain, se passionne pour notre patrimoine
culturel…Tellement que c’est dans ce domaine qu’elle
œuvre et qu’elle souhaite y jouer un rôle encore
plus grand, dans les prochaines années.
Pourtant, toute jeune, Geneviève Bédard avait rêvé
d’une carrière d’ingénieur. « Le
goût de l’histoire, je l’avais quand même
développé très tôt, grâce à
mes parents. Je me souviens qu’à 4 ou 5 ans, je visitais
déjà des musées avec mes parents. On se rendait
souvent au Musée du Québec. On se retrouvait sur les
plaine d’Abraham. Les petites forteresses, le mur, je trouvais
ça beau. Tout m’attirait et je voulais en savoir plus
», a confié la jeune fille. Geneviève attribue
à un de ses professeurs, M. Alain Tapps du Collège
Laflèche, sa décision de se consacrer à la
recherche et à la diffusion de notre patrimoine.
« Alain Tapps n’enseignait pas seulement la théorie.
Il nous amenait sur le terrain. On se retrouvait dans les villages
et il nous expliquait leur histoire. C’est là que le
déclic s’est produit », a expliqué Geneviève.
L’enseignant a lui aussi décelé chez son élève
cette passion peu commune pour l’histoire qu’il l’a
embauché comme titulaire d’un cours en histoire de
la civilisation occidentale, au Collège Laflèche.
Depuis 4 ans, Geneviève Bédard se fait valoir au
sein du comité de protection des œuvres d’Ozias
Leduc. À l’été 98 et 99, elle a travaillé
en tant que guide-animatrice. Ces deux dernières années,
elle siège sur le conseil d’administrationen tant que
responsable de la formation des guides et des bénévoles
et des produits.
Lorsqu’elle parle d’Ozias Leduc et de son œuvre,
les yeux de Geneviève deviennent pétillants. En 1996,
Lévis martin, un professeur de l’Université
du Québec à Montréal, a publié le volume
Ozias Leduc et son dernier grand œuvre, chez Fides.
Ce volume, Geneviève Bédard le connaît pratiquement
par cœur. Elle rappellera qu’Ozias Leduc demeurait à
Saint-Hilaire et que c’est à cet artiste peintre qu’on
doit de nombreux tableaux décorant des églises de
la Mauricie, du Centre-du-Québec, de d’autres régions
et même de la Nouvelle-Angleterre. « Ozias Leduc a également
fait des natures mortes. Le Musée du Québec en possède
beaucoup, tout comme des esquisses de ses œuvres dans les églises
et un peu de portraits. Ozias Leduc, c’était également
un poète. Il était impliqué dans son milieu.
Il a ainsi fait de la politique municipale et scolaire »,
rapportera Mme Bédard.
Shawinigan-Sud ou Almaville-en-Bas autrefois a vécu et vit
cependant une histoire d’amour exceptionnelle avec Ozias Leduc.
C’est en effet à l’âge de 76 ans que l’artiste
Ozias Leduc accepta l’invitation du curé Arthur Jacob
de décorer l’église Notre-Dame-de-la-Présentation,
cette pauvre paroisse ouvrière d’Almaville-en-Bas.
C’était en 1941. La réalisation du vaste projet,
auquel il consacra presque tout son temps, aura pris 13 ans, jusqu’à
la mort de l’artiste, à l’âge de 90 ans.
« Pour un homme de 76 ans, il fallait le faire. Monter sur
les échafaudages, lui qui quelques années avant avait
été très malade et avait même reçu
les derniers sacrements. Aujourd’hui, la décoration
de l’église de Shawinigan-Sud est signée 100%
Ozias Leduc. On y retrouve principalement une quinzaine de créations,
dont son dernier grand œuvre, une fresque gigantesque intitulée
La Gloire Divine », a mentionné Mme Bédard.
En 1975, les 15 tableaux de l’église ont été
classés «biens culturels». Le Comité de
protection des œuvres d’Ozias Leduc a été
mis sur pied et depuis lors l’église même est
devenue un musée. « À l’été
2001, on a reçu 4800 visiteurs. Grâce à diverses
stratégies, la clientèle s’est accrue de 41%
ces deux dernières années », mentionne avec
enthousiasme celle qui a une grande part du succès. «
Lorsqu’ils entrent dans l’église pour la première
fois, les gens tombent pratiquement sur le dos. Ils sont complètement
envoûtés par la plénitude de l’œuvre
de Leduc », dira Mme Bédard.
Détentrice d’un bacc en histoire, Geneviève
Bédard travaille à l’obtention d’une maîtrise
en muséologie. « Mon travail porte sur Ozias Leduc,
mais dans une recherche autre que le côté artistique
de ses toiles. Plusieurs de ses œuvres ont rapport avec des
métiers traditionnels de la Mauricie. C’est sur cet
aspect historique que mon travail est dirigé. Le tout devrait
également déboucher sur une exposition avec panneaux
d’interprétation », a dit la jeune femme.
Geneviève Bédard affiche déjà un lot
d’expériences importantes dans son domaine. En plus
d’avoir enseigné au Collège Laflèche,
elle a été guide à la Maison Rodolphe-Duguay,
à Nicolet, pendant trois étés. Elle a fait
un stage au Musée Colby-Curtis, à Stanstead, où
elle a monté une exposition sur les communautés religieuses
locales. Avec Valérie Bourgeois, elle a fait une recherche
sur la nouvelle exposition qui va ses dérouler au Moulin
Seigneurial de Pointe-du-Lac, cet été. Elle a remplie
un contrat pour Musée militaire de Trois-Rivières.
Actuellement, elle partage également son temps pour le montage
d’une exposition et circuit d’interprétation
au Moulin Michel de Gentilly.
Pour cet été, elle mentionne que l’église
Notre-Dame-de-la-Présentation accueillera une exposition
du Musée des Beaux-Arts du Canada. Il s’agit de 80
pièces d’orfèvrerie québécoise.
Le rêve que Geneviève Bédard caresse pour l’avenir,
sûrement qu’elle pourra le réaliser. «
Mon seul rêve serait de travailler dans un musée de
la région et continuer à faire du développement
», a-t-elle confié.
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