<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Ozias Leduc, Un pur enchantement! - Revue de presse 2002
Le Semeur, Le Bucheron et Le Fondeur; Succession Ozias Leduc / Sodrac (Montréal) 2002
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Le Nouvelliste, 15 avril 2002
Roger Levasseur

Tête d'affiche : Geneviève Bédard
Elle est le rayon de soleil du Comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc


Toute jeune, à peine 25 ans, Geneviève Bédard, de Saint-Georges-de-Champlain, se passionne pour notre patrimoine culturel…Tellement que c’est dans ce domaine qu’elle œuvre et qu’elle souhaite y jouer un rôle encore plus grand, dans les prochaines années.

Pourtant, toute jeune, Geneviève Bédard avait rêvé d’une carrière d’ingénieur. « Le goût de l’histoire, je l’avais quand même développé très tôt, grâce à mes parents. Je me souviens qu’à 4 ou 5 ans, je visitais déjà des musées avec mes parents. On se rendait souvent au Musée du Québec. On se retrouvait sur les plaine d’Abraham. Les petites forteresses, le mur, je trouvais ça beau. Tout m’attirait et je voulais en savoir plus », a confié la jeune fille. Geneviève attribue à un de ses professeurs, M. Alain Tapps du Collège Laflèche, sa décision de se consacrer à la recherche et à la diffusion de notre patrimoine.

« Alain Tapps n’enseignait pas seulement la théorie. Il nous amenait sur le terrain. On se retrouvait dans les villages et il nous expliquait leur histoire. C’est là que le déclic s’est produit », a expliqué Geneviève. L’enseignant a lui aussi décelé chez son élève cette passion peu commune pour l’histoire qu’il l’a embauché comme titulaire d’un cours en histoire de la civilisation occidentale, au Collège Laflèche.

Depuis 4 ans, Geneviève Bédard se fait valoir au sein du comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc. À l’été 98 et 99, elle a travaillé en tant que guide-animatrice. Ces deux dernières années, elle siège sur le conseil d’administrationen tant que responsable de la formation des guides et des bénévoles et des produits.
Lorsqu’elle parle d’Ozias Leduc et de son œuvre, les yeux de Geneviève deviennent pétillants. En 1996, Lévis martin, un professeur de l’Université du Québec à Montréal, a publié le volume Ozias Leduc et son dernier grand œuvre, chez Fides.

Ce volume, Geneviève Bédard le connaît pratiquement par cœur. Elle rappellera qu’Ozias Leduc demeurait à Saint-Hilaire et que c’est à cet artiste peintre qu’on doit de nombreux tableaux décorant des églises de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de d’autres régions et même de la Nouvelle-Angleterre. « Ozias Leduc a également fait des natures mortes. Le Musée du Québec en possède beaucoup, tout comme des esquisses de ses œuvres dans les églises et un peu de portraits. Ozias Leduc, c’était également un poète. Il était impliqué dans son milieu. Il a ainsi fait de la politique municipale et scolaire », rapportera Mme Bédard.

Shawinigan-Sud ou Almaville-en-Bas autrefois a vécu et vit cependant une histoire d’amour exceptionnelle avec Ozias Leduc. C’est en effet à l’âge de 76 ans que l’artiste Ozias Leduc accepta l’invitation du curé Arthur Jacob de décorer l’église Notre-Dame-de-la-Présentation, cette pauvre paroisse ouvrière d’Almaville-en-Bas. C’était en 1941. La réalisation du vaste projet, auquel il consacra presque tout son temps, aura pris 13 ans, jusqu’à la mort de l’artiste, à l’âge de 90 ans.

« Pour un homme de 76 ans, il fallait le faire. Monter sur les échafaudages, lui qui quelques années avant avait été très malade et avait même reçu les derniers sacrements. Aujourd’hui, la décoration de l’église de Shawinigan-Sud est signée 100% Ozias Leduc. On y retrouve principalement une quinzaine de créations, dont son dernier grand œuvre, une fresque gigantesque intitulée La Gloire Divine », a mentionné Mme Bédard.

En 1975, les 15 tableaux de l’église ont été classés «biens culturels». Le Comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc a été mis sur pied et depuis lors l’église même est devenue un musée. « À l’été 2001, on a reçu 4800 visiteurs. Grâce à diverses stratégies, la clientèle s’est accrue de 41% ces deux dernières années », mentionne avec enthousiasme celle qui a une grande part du succès. « Lorsqu’ils entrent dans l’église pour la première fois, les gens tombent pratiquement sur le dos. Ils sont complètement envoûtés par la plénitude de l’œuvre de Leduc », dira Mme Bédard.

Détentrice d’un bacc en histoire, Geneviève Bédard travaille à l’obtention d’une maîtrise en muséologie. « Mon travail porte sur Ozias Leduc, mais dans une recherche autre que le côté artistique de ses toiles. Plusieurs de ses œuvres ont rapport avec des métiers traditionnels de la Mauricie. C’est sur cet aspect historique que mon travail est dirigé. Le tout devrait également déboucher sur une exposition avec panneaux d’interprétation », a dit la jeune femme.

Geneviève Bédard affiche déjà un lot d’expériences importantes dans son domaine. En plus d’avoir enseigné au Collège Laflèche, elle a été guide à la Maison Rodolphe-Duguay, à Nicolet, pendant trois étés. Elle a fait un stage au Musée Colby-Curtis, à Stanstead, où elle a monté une exposition sur les communautés religieuses locales. Avec Valérie Bourgeois, elle a fait une recherche sur la nouvelle exposition qui va ses dérouler au Moulin Seigneurial de Pointe-du-Lac, cet été. Elle a remplie un contrat pour Musée militaire de Trois-Rivières. Actuellement, elle partage également son temps pour le montage d’une exposition et circuit d’interprétation au Moulin Michel de Gentilly.

Pour cet été, elle mentionne que l’église Notre-Dame-de-la-Présentation accueillera une exposition du Musée des Beaux-Arts du Canada. Il s’agit de 80 pièces d’orfèvrerie québécoise.

Le rêve que Geneviève Bédard caresse pour l’avenir, sûrement qu’elle pourra le réaliser. « Mon seul rêve serait de travailler dans un musée de la région et continuer à faire du développement », a-t-elle confié.