<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Ozias Leduc, Un pur enchantement! - Revue de presse 2004
Le Semeur, Le Bucheron et Le Fondeur; Succession Ozias Leduc / Sodrac (Montréal) 2002
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Le Nouvelliste (Trois-Rivières)
Arts et Culture, mercredi 17 mars 2004, p. 19

La messe parmi les échafaudages
Une oeuvre d'Ozias Leduc restaurée à l'église Notre-Dame-de-la-Présentation


Biron, Richard

Shawinigan - Les fidèles de la paroisse Notre-Dame-de-la-Présentation célèbrent la messe parmi les échafauds ces temps-ci. Un peu comme c'était le cas de 1942 à 1955, alors que l'artiste Ozias Leduc (1864-1955) enjolivait
de son pinceau les murs de l'église. Le chanoine Arthur Jacob lui avait alors demandé de décorer le bâtiment datant de 1924.

Intitulée La gloire divine, la plus grande des oeuvres de l'église fait aujourd'hui l'objet d'une importante restauration. D'une dimension de 32 pi sur 42 pi, cette impressionnante toile marouflée qui orne le choeur du bâtiment se détache graduellement. "La finition de plâtre se décolle de la paroi et la toile suit", a expliqué France Saint-Amant, coordonnatrice du Comité de protection des oeuvres d'Ozias Leduc.

L'entreprise Legris Conservation a donc reçu le mandat de rétablir l'adhérence de la toile de jute au mur. Elle enlève des pans de l'oeuvre, découpés soigneusement en suivant les motifs, et les transporte dans son atelier pour restauration. "Certaines parties ondulées ont été apportées au studio, a expliqué Anne Bourdon, restauratrice. Il faut aplanir l'oeuvre en la chauffant et en l'humidifiant tranquillement."

Certaines portions de La gloire divine n'ont pas besoin d'être détachées, même si elles commencent aussi à se décoller du mur de béton. À l'aide d'une seringue, les restaurateurs peuvent en effet les recoller délicatement en injectant de la colle dans les poches d'air. Les couleurs doivent parfois ensuite être retouchées, de la même manière que le seront à l'occasion les joints entre les pans de toile recollés.

Ces repiquages restent toutefois mineurs. "Notre code d'éthique ne nous permet pas de refaire l'original, a précisé Mme Bourdon. On ne fait que prendre soin de l'oeuvre." "Il faut que ce qu'on fait soit réversible et puisse s'enlever par la suite, a renchéri Annick Fleury, technicienne en restauration. S'il y a une autre restauration dans cinquante ans, il faut que le restaurateur puisse retrouver la toile initiale."

Sans que l'état de la toile ne soit catastrophique, il était temps que l'opération s'effectue. "À certains endroits, la toile était soufflée de presque un pied", a constaté Mme Fleury. Quant aux autres peintures ornant les murs de l'église, leur état ne nécessite pas de travaux cette année. "Pour éviter de trop manipuler les toiles, on ne fait une restauration que lorsque c'est nécessaire", a expliqué Mme Saint-Amant.

Une opération de 69 000 $

L'opération, qui a débuté le 8 mars et doit durer de 4 à 6 semaines, coûtera au total quelque 69 000 $. Le coût des travaux de restauration à proprement parler s'élève à environ 33 000 $, tandis que 25 000 $ devront être déboursés pour la location des échafaudages. Près de 11 000 $ seront consacrés à des améliorations du système de ventilation, qui sont propices à une meilleure conservation future des oeuvres.

Bien sûr, les travaux d'aération restent relativement limités étant donné le budget disponible.

"On veut simplement s'assurer qu'il y a un échange d'air", a expliqué Mme Saint-Amant. Des bouches d'aération seront notamment débloquées et un grand ventilateur sera remis en fonction.

Les travaux sont financés à 85 pour cent par la Fondation du patrimoine religieux, grâce à une subvention obtenue avec le concours du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Située dans le secteur Shawinigan-Sud, l'église Notre-Dame-de-la-Présentation est la dernière décorée par celui que les spécialistes considèrent comme le plus grand peintre religieux québécois. "Nous souhaitons refaire une
beauté à l'église pour les deux expositions qui seront présentées cet été", a indiqué Mme Saint-Amant.

Du 5 juin au 26 septembre, le lieu de culte shawiniganais accueillera en effet une collection de pièces de céramique datant de la fin du XIXe siècle ainsi que des oeuvres majeures de la collection de la compagnie d'assurances L'Union vie.

Des toiles de Riopelle, McEwan, Duguay et plusieurs autres pourront alors être contemplées par le public.

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