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| L’église Notre-Dame-de-la-Présentation |
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Située à mi-chemin entre Québec et Montréal,
au cœur de la Mauricie, l’église surplombe la
rivière Saint-Maurice à Shawinigan. Veillant humblement
sur la première paroisse fondée à Shawinigan-Sud
en 1910, ce sanctuaire, érigé en 1924, conserve en
ses murs ce qui pourrait être le plus bel ensemble de tableaux
religieux au Canada.
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| La décoration
de l’église : l’ultime consécration
d’Ozias Leduc |
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C’est en 1941 qu’Arthur Jacob, curé de
l’époque, entreprit des démarches afin
de trouver l’artiste qui serait à même
de réaliser son rêve : la décoration de
son église, alors quasi dépouillée de
tout ornement. Ses recherches le conduiront vers le peintre
Ozias Leduc, figure dominante de la peinture sacrée
au Canada.
Bien que Leduc ait décoré plus d’une trentaine
d’églises au Québec, dans les Maritimes
et en Nouvelle-Angleterre, Notre-Dame-de-la-Présentation
demeure un phénomène particulier dans la mesure
où l’artiste lui consacre les dernières
années de sa vie. Soulignons aussi qu’il entreprend
ce contrat en 1942 à l’âge respectable
de 77 ans. Sa mort survient en 1955, plus d’un an avant
la fin des travaux projetés.
Entièrement réalisée de 1942 à
1955 par Leduc et son assistante Gabrielle Messier, la décoration
est composée de 15 immenses tableaux marouflés
et d’un ensemble de motifs décoratifs peint directement
sur les murs. Inspiré par la valeur spirituelle du
travail de l’homme en Mauricie, Leduc créa six
tableaux à thèmes historiques, une initiative
peu commune dans le monde de la peinture sacrée. En
utilisant une palette de couleurs sobres et douces, Leduc
créa une ambiance propice au recueillement tel que
souhaité par le chanoine Jacob. C’est également
dans ce temple que se retrouve sa plus vaste composition jamais
créée : La Gloire Divine. Celle-ci se déploit
avec audace sur une surface de 32 pieds par 42 pieds, imprégnant
ainsi les visiteurs d’une émotion mémorable.
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Qui est Ozias
Leduc ? |
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Ozias Leduc est né le 8 octobre 1864 à Saint-Hilaire
et y est décédé le 16 juin 1955. Autodidacte
raffiné, il voyage uniquement pour son art. Dans ses
tableaux, la beauté des lignes s'allie à la
poésie du paysage et de la lumière où
les éléments antiques et modernes s’harmonisent
délicatement.
Parmi ses plus grandes réussites, on compte l’église
de Saint-Hilaire, la chapelle de l’évêché
de Sherbrooke, le baptistère de Notre-Dame à
Montréal et bien sûr, l’église Notre-Dame-de-la-Présentation.
Leduc n’est pas qu’un peintre religieux. En effet,
il a peint des paysages, des portraits et des natures mortes.
Il a illustré plusieurs œuvres littéraires
et écrit de la poésie. En 1938, il reçut
un doctorat honoris causa de l’Université de
Montréal. Paul-Émile Borduas fut son élève.
Il a côtoyé Jean-Paul Riopelle et Rodolphe Duguay.
En 1988, son tableau, "Le petit liseur" fut choisi
par la Société canadienne des postes afin de
constituer une série de timbres consacrée au
chefs-d’œuvre de l’art canadien. En 1996,
le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée
du Québec ont organisé une grande rétrospective
de son œuvre.
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| Gabrielle Messier |
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Gabrielle Messier est née à Mont-Saint-Hilaire
(village natal d’Ozias Leduc), le 4 décembre
1904. Très tôt, elle s’intéressa
à la peinture. Elle fut l’élève
de Louis-Philippe Martin et de Pierre Chivé. Toutefois,
c’est en 1940 qu’elle devint l’élève
d’Ozias Leduc. En 1942, celui-ci lui demanda d’être
sa collaboratrice pour le projet de décoration de l’église
Notre-Dame-de-la-Présentation. C’est d’ailleurs
elle qui réalisa le dernier tableau ("L’assomption
et le couronnement de la Vierge") d’après
les esquisses de M. Leduc, qui décéda avant
d’avoir complété son projet.
Elle se rendit ensuite étudier à Paris pour
revenir dans son village natal et y fonder une école
de peinture où elle enseigna aux enfants.
Mme Messier jouera un grand rôle dans la mise en valeur
de l’œuvre d’Ozias Leduc. Elle offrira sa
collaboration à la compilation des archives du peintre
permettant ainsi à la population de mieux comprendre
l’apport important de cet artiste dans l’histoire
de l’art québécois.
Sa carrière qui s’est échelonnée
sur près de 80 ans, l’aura amenée à
réaliser des paysages, des natures mortes et des portraits,
en plus de toucher à l’art religieux, rassemblant
plus de 675 œuvres. À partir de 1988, installée
à Port-Daniel en Gaspésie, elle peindra jusqu’à
son décès, à l’âge de 98
ans.
Elle nous fera l’immense honneur de célébrer
ses funérailles et d’être inhumée,
ici, à l’église Notre-Dame-de-la-Présentation,
là où elle a sans aucun doute réalisée
un des projets les plus importants de sa carrière. |
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